L’info est tombée vendredi dernier : Canal + a remporté les droits de diffusion en France du premier choix des matchs de la Ligue des Champions de football. En clair (façon de parler car évidemment les rencontres seront cryptées et visibles par les seuls abonnés), la chaîne proposera les plus belles affiches de cette compétition, dont la finale (laquelle devrait toutefois bénéficier d’une dérogation et être diffusée en clair, à l’instar de la cérémonie des Césars).

N’étant pas abonné à Canal +, il ne me restera d’autre choix que de suivre les rencontres de la plus prestigieuse compétition de clubs à la radio. Finalement, n’est-ce pas là un mal pour un bien ? Les directs de foot à la radio possèdent un charme inimitable, une saveur toute particulière si différente de celle des « live » télévisés. Une percée sur l’aile droite, un contre qui s’amorce, la voix du commentateur qui s’emballe, l’imagination de l’auditeur avec… L’action n’était pas nullement dangereuse, qu’importe ! Même le match le plus soporifique, qui a tôt fait de vous faire piquer du nez devant le petit écran, devient palpitant à la radio. D’ailleurs, entre les multiplex de Canal + (lorsqu’une offre promotionnelle me permet de les regarder) et ceux d’Europe 1, RMC, RTL ou France Info (France Inter cessant  la diffusion de son multiplex, héritier de la regrettée émission Interfootball, sur les grandes ondes en janvier 2009), ma préférence va alors aux seconds. J’exagère? Oui, sans doute, mais que voulez-vous ! J’ai été nourri au bon grain radiophonique, vivant les épopées européennes de l’ASSE, du Sporting Club de Bastia, du RC Lens ou encore du FC Nantes l’oreille collée au transistor, vibrant aux envolées lyriques d’Eugène Saccomano ou Jacques Vendroux.

Je ne saurais donc trop remercier Canal + de me priver de la retransmission des prochaines éditions de la Ligue des champions. Renouer avec ses émotions d’enfance n’a pas de prix. Ou plutôt si : celui d’un abonnement auquel je ne souscrirai pas.