Vieille dame à la santé parfois chancelante, Paris-Tours appartient au club très fermé des grandes classiques du cyclisme. Créée en 1896, la classique des feuilles mortes figure parmi les dix plus prestigieuses épreuves en ligne du calendrier (juste derrière les cinq « monuments » (*) et le championnat du monde).

Quel ne fut donc pas mon étonnement en découvrant L’Equipe du 10 octobre dernier : pas un appel de Une (même tout riquiqui, bien discret, en bas de page) sur Paris-Tours, remportée la veille par le Belge Greg Van Avermaet à l’issue d’une course débridée, pleine de suspense et où les coureurs tricolores pesèrent sur le final. Rien de rien, pas un mot, nada ! Par contre, la défaite de Nadal dans un tournoi de second ordre au Japon figurait en bonne place à la Une du quotidien sportif, photo à l’appui. Etait-on à la veille d’une épreuve majeure, d’un tournoi du Grand Chelem, du Master ? Même pas.

Le choix rédactionnel des responsables de L’Equipe est surprenant, voire consternant. Certes, la hiérarchie de l’info se discute et il n’existe pas en la matière « une » vérité intangible. N’empêche qu’il est aussi des évidences, des b-a-ba que l’on enseigne dans toute école de journalisme digne de nom. Les oublier relève tout à la fois de l’erreur professionnelle et de la faute de goût (pour qui se délecte de la lecture de L’Equipe).

A moins que cette année, sciemment, Paris-Tours n’ait été « sacrifiée » sur l’autel de considérations. Pour avoir apprécié  « l’animation » du final, sans le plus petit haut-parleur pour retransmettre la course dans l’ultime ligne droite (là où le public se masse en nombre derrière les barrières) je serai presque enclin à me poser la question… Mais non, je plaisante, je ne vais pas me lancer dans la théorie du complot !

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